Page 103 - La Généalogie retrouver ses ancêtres
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88 LA COLONISATION DANS QU~BEC
Québec ont un moulin à la Baie St-Paul, qui produit annuellement
vingt-cinq milliers de planches (1).
A la demande du sieur Hazeur, le roi envoie de France un vaisseau
pour prendre chargement des planches, des bordelles, des barriques
préparées dans ses moulins (2). En 1.720, il y a dans la colonie 28
moulins à scie (3). On connait depuis longtemps en France la grande
valeur des bois canadiens, car, tous les ans, les vaisseaux qui reviennent
de Québec, en apportent de beaux échantillons; ces bois pourraient être
employés, avec profit, pour la construction des vaisseaux de la marine
royale. En 1724, le roi charge un lieutenant de vaisseau M. de Tilly de
visiter les pinières du Canada (4). Celui-ci explore les forêts de la
Baie-St-Paul, de la Malbaie, du Saguenay. Il se rend jusques sur les
rives du Richelieu, dans la seigneurie de Chambly, qui appartient à
M. de Ramezay; c'est l'endroit qui semble le plus avantageux pour l'ex-
ploitation du bois de construction. On y a coupé des mâts de 78 pieds
de long, de 22 pouces de diamètre, à 17 pieds du gros bout et 15 au petit
(5).
L'intendant Bégon avait passé, dès 1724, un contrat avec M. de
Ramezay pour la fourniture chaque année de 8,000 pieds de bordages
de pin et de 4,000 planches (6). M. de Ramezay étant mort, sa veuve
continue de charger chaque année, sur les navires qui retournent en
France, les planches, les bordages, les mâts de pin, mais en 1727, on refuse
tout-à-coup de prendre les bois de madame de Ramezay.
L'intendant Dupuy surpris de ce mauvais vouloir de la part des
capitaines de navires, écrit au ministre que le commerce du bois sera
toujours languissant si l'on ne trouve pas un débouché à ce commerce
dans le pays; il suggère au ministre d'entreprendre ici même la cons-
truction des vaisseaux du roi (7).
Le roi hésite, la colonie n'est pas encore assez développée pour se
lancer dans une pareille entreprise. l'l suffit pour le moment d'encoura-
ger la construction chez les particuliers (8).
En 1729, Hocquart allait reprendre l'idée de ses prédecesseurs;
quelques jours après son arrivée à Québec, il écrivait au ministre: "Je
regarde la construction des bâtiments comme un des objets qui méritent
le plus d'attention par rapport à l'augmentation du commerce" (9).
L'année suivante il annonçait au ministre qu'il avait choisi un
endroit proprice pour l'établissement d'un chantier. Cet endroit
était à quatre ou cinq arpents du Palais, sur la rivière St-Charles au-delà
(1) Denonville et Champigny au ministre, 6 novembre 1688, A. C. G. S. Vol. 10. Fol. 8.
(2) 26 octobre 1692, Requête cie François Hazeur, marchand de Québec et Jean Grignon,
marchand de la Rochelle, son associé. à M. de Frontenac et Champigny, exposant qu'ils ont depuis
six ans établi à grands frais des moulins à scie à la Malbaie et qu'ils feraient de grandes pertes, si sa
Majesté ne leur venait en aide en mettant ses vaisseaux à leur disposition pour transporter leur bois en
France. Ordonnance faisant droit à cette requête. Coll. Moreau, de St-Maury, 1691. Vol. 5.
Fol. 107.
(3) Recensement du Canada. Vol. IV, p. 53.
(4) 6 juin 1724, A. C. Reg. Dep. Vol. 47. Fol. 1183.
(5) Le ministre à Beauharnois, 14 mai 1726. Reg. Dep Vol. 49. Fol. 638}2.
(6) 30 mai 1724, A. C. Reg. Dep. Vol. 47. Fol. 1126.
(7) Dupuy au ministre, 21 octobre 1726. A. C. G. S. Vol. 48. Fol. 297.
(8) Le Ministre à M. Dupuy, 8 mai 1727. A. C. G. S. Reg. Dep. Vol. 50. Fol. 515.
(9) 25 octobre 1729. A. C. G. S. Vol. 51. Fol. 296.