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126 LES ANCIENS CANADIENS
- Mon frère ment encore, dit l'lndien en secouant la tête
d'un air de doute: les sauvages écossais sont toujours des
visages-pâles, et ils ne doivent pas avoir le courage de souffrir
comme les peaux-rouges.
Et il continua à fumer d'un air pensif.
[Tout en fumant, l'indien et Dumais, discutent lon-
guement, Ils parlent der AnglaiI, de! Ecossais, des
Français. Ils en comparent le courage respectif,
Malgr~ ses efforts, Dumais ne peut obtenir que
1 , l'Indien lui vende sa part du prisonnier. Enfin il
tente une derni~re chance}.
- Ecoute, mon frère, dit le Canadien, et pardonne à Dumais
s'il t'a caché la vériré: il ne connaissait pas ton grand cœur.
Il va parler maintenant en présence du Grand-Esprit qui l'écou-
te; et le visage-pâle ne ment jamais au Grand-Esprit.
- C'est vrai, fit l'Indien: que mon frère parle, et son frère
l'écoute.
- Quand la Grand'Loutre érah malade, il y a deux ans,
reprh le Canadien, Dumais lui a raconté son avenmre, lorsque
les glaces du printemps J'emportaient dans la chute de Saint-
Thomas, et comment il fut sauvé par un jeune Ecossais, qui
arrivait le soir chez le seigneur de Beaumont.
- Mon frère me J'a raconté, dit l'Indien, er il m'a montré les
restes de l'Ilot où, suspendu sur l'abîme, il atrendait la mon à
chaque instant. La Grand'Loutre connaissait déjà la place et
le vieux cèdre auquel mon frère se tenait.
- Eh bien! reprit Dumais en se levant et ôtant sa casquette,
ton frète déclare, en présence du Grand-Esprit, que le ptison-
niet est le jeune Ecossais qui lui a sauvé la vie!
L'Indien poussa un cri tetrible, que les échos des montagnes
tépétètent avec l'éclat de la foudre, se releva d'un bond, en
titant son couteau, et se précipita sur le prisonnier. De